Après de grosses difficultés pour être beginner, j'en ai rencontré bien d'autres pour être finisher... Faut vraiment être complètement cinglé ou avoir fait un pari débile (ou peut-être les deux) pour participer à ce truc de malade... Je vous fait l'article de ma course, tant pis pour vous !
La veille : route pour Embrun l'après-midi, j'arrive juste à temps pour le retrait des dossards et le parc à vélo, facile... Un petit repas de pâtes dans l'appart de Tonio, et on file dormir dans nos voitures avec Fred : les deux Scénic rouge de Dupont et Dupond. Je crois bien que je suis stressé (!?) : je me retourne toutes les minutes, j'essaye d'écouter de la musique, pas mieux, je dors presque rien.
La matin : levé à 4h00, gateau énergétique (merci Fred !) et en route pour le parc. Nous n'avons pas de caisse en plastique ni de pompe à pieds au grand désespoir de notre président mais on va quand même tenter l'aventure.
Natation : départ tranquille, je n'ai quasiment pas nagé cette année et pas du tout cet été. J'ai décidé de ne pas me faire mal et de prendre les bonnes jambes : je passe de groupe en groupe au gré des vagues et des remous. Premier tour, je regarde le chrono : 34'30", il y a quelque chose qui cloche, il doit y avoir un troisième tour et je n'ai encore rien suivi... Fin du parcours (au bout de deux tours) : un peu moins de 1h10', il n'y a pas de doute, il y a tromperie sur la distance ou le gateau de Fred était complètement chargé. Je décide d'enlever ma combinaison à la sortie de l'eau et je fais encore preuve d'une maîtrise exceptionnelle dans cet exercice. Je vois passer Charles très concentré et il n'entend visiblement pas mes encouragements. Changement tranquille, très tranquille.
Vélo : j'ai décidé de ne pas forcer, je commence tranquille (enfin si on veut, parce qu'à part les 100 premiers mètres, on se retrouve tout de suite la tête dans la pente !). Au bout de quelques kilomètres, je me fais rattrapper par Christophe qui à l'air frais comme un gardon. On roule un moment ensemble mais j'ai un énorme avantage sur lui : je n'ai pas envie de faire pipi. Quelques instants plus tard, je rejoins Fred (chouette !). On va rester la plus grande partie du parcours ensemble (sans drafting je vous rassure) : un coup Fred quelques mètres devant (sur les parties en puissance) et un coup moi (dans les montées), et dans l'intervalle, de nombreuses discussions qui on grandement facilité l'épreuve, je dois l'avouer. A 50 kms de l'arrivée, la combinaison d'une montée et d'une envie de pisser de Fred (décidément !) vont rompre cette merveilleuse entente. J'ai un coup de moins bien à 35 kms de l'arrivée, je me ralimente, m'encourage et ça passe. J'affronte les montées impitoyables et les descentes sans repos comme ça peut... Arrivée au parc après 7h58' de vélo, record de distance battu, et de dénivelé aussi bien-sûr. Tout va bien à priori, je me change tranquille, je me masse (seul, j'ai pas vu de masseur bien-sûr) et c'est parti.
Course à pieds : à partir de là, je suis dans l'épreuve la plus longue à laquelle j'ai participé. C'est également mon baptême du feu sur marathon. Là encore, je pars tranquille, je veux avant tout finir. De toutes façons, je n'ai pas trop le choix, la fatigue commence à se faire sentir. J'ai beaucoup de mal à courir. Je rattrappe Charles qui marche malheureusement... Je continue comme ça jusqu'à la digue où je croise David puis Fred sur le retour, c'est pas extra mais ça tient et c'est tout ce qui compte. Je subi les premières crampes vers le douzième kilomètres et elles m'arrêtent net. Antioxydant (merci Fred) et ça repart. Je décide alors de courir entre les ravitos et et de marcher dans les montées (pour la marche, j'avais déjà bien appliqué...). Les crampes vont revenir régulièrement mais les massages, l'eau et les antioxydants vont me sauver. Dans le deuxième tour, je croise Tonio qui n'est pas au mieux mais je lui fais confiance pour lutter, il est coriace le bougre. Je me rends compte que je dois pouvoir passer sous les 14h mais j'ai fais une fausse manip avec ma montre à la sortie de l'eau et je n'ai que le temps cumulé du vélo et de la natation. Je ne suis plus assez lucide pour calculer correctement et je décide donc d'accélérer. Je dois reconnaitre que ça va plutôt mieux en allongeant la foulée. Résultat : une deuxième partie de course nettement plus rapide que le début.
Arrivée, je suis embrunman, c'est pas possible ! Je me retourne, je vois le chrono 13h40' : y a pas de doute, je suis une brute en calcul mental... Il me reste 1 épreuve : éviter la perf. Je souffle un peu, essaye de retenir une envie de pleurer et vais prendre des nouvelles des autres auprès d'Anne et d'Anne-Lise. Je vais ensuite au massage où j'en profite pour vomir dans un carton les gels Powerbarres et autres antioxydants qui étaient encore présents dans mon ventre : la classe ! Un médecin veut me mettre sous perf mais je refuse catégoriquement. La dernière épreuve sera la bière qui pour une fois ne passera pas toute seule, j'ai vraiment le ventre à l'envers. Et voilà, après une nouvelle nuit dans le Scénic (excellente celle-là) et le retour à Annecy, je ne suis toujours pas vraiment redescendu !
Un grand merci pour tous vos encouragements, merci aussi à Anne, Anne-Lise, Bérangère, Carmella, la famille Gendron etc...