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CLUB TRIATHLON annecy

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RECIT DE COURSE : EMBRUN

Histoire de remotiver les Hydros qui se préparent pour Embrun, David nous raconte sa première expérience...



Mon premier ironman : l’Embrunman 1999

Pour ceux d’entre vous qu’un précédent article aurait convaincu de tenter un ironman en 2004 mais qui hésitent encore sur le choix de l’épreuve, premier compte-rendu sur l’épreuve la plus reputée de notre hexagone...

Depuis un moment, çà me trottait dans la tête alors, quand mon premier quart de siècle a sonné, je me suis décidé à le fêter....« Vendu ! En 99, pour mes 25 ans, je me tape l’Embrunman ! »
Ce qu’on peut dire comme conneries les soirs d’anniversaire en hiver...

De fait, entre ce moment et le 15 août (traditionnelle date de l’épreuve), ce seront 6 mois à vivre avec ce fil conducteur, que je mange, travaille, respire, dorme ou pis... . Quelques cyclosportives, quelques triathlons (pour sortir de l’eau loin, très loin de la masse...grrr !), des journées de congé souvent posées uniquement pour de longues sorties vélo et plein d’espoir et d’appréhension les derniers jours venus.

Tiens, à propos des derniers jours, parlons-en... Mercredi 11 août 1999, sur le coup de 13h, la dernière éclipse de soleil, vous vous en souvenez ? A vrai dire, à ce moment-là, je m’en fichais un peu mais, aujourd’hui, je m’en rappelle encore... Mercredi 11 août 1999 donc, quelques minutes après l’éclipse, j’enfourche mon vélo et ses pneus neufs pour une dernière sortie avant l’épreuve sur mes routes d’entraînement habituelles (surtout pas me perturber maintenant !). 900 mètres, premier giratoire et ... gamelle. Arcade sourcillère éclatée, cuisse, bras et épaule à vif... mais le vélo n’a pas souffert. Direction les urgences où on me recoud et on me panse. Je peux à peine plier le bras.

J’ai les boules !!! 6 mois que je m’entraîne sérieusement et, au moment de toucher les dividendes, voilà-t-y pas que je me gamelle et ne vois plus que d’un oeil (pour le coup, j’en suis réduit à acheter de mahousses lunettes de natation pour couvrir mon coquard). Déjà que je suis bileux de nature, je vous dis pas le stress des journées suivantes. Je ne dors presque plus.

Bon, c’est pas le bon timing, mais c’est le mien et c’est le moment de partir à Embrun pour mon bizutage d’ironman. Mais au fait, l’Embrunman, c’est quoi ? Ben, pour résumer, c’est l’ironman le plus dur du monde.... je sais, çà fait un peu prétentieux dit comme çà mais je crois pas être loin de la réalité :
- 3800 m de natation en deux boucles avec un départ dès 6h du mat alors que le soleil n’est pas encore levé,
    - 189 km de vélo avec un parcours digne d’une étape alpestre du Tour dont le col de l’Izoard,
    - 42.2 km de course à pied (LE FAMEUX MARATHON QUE VOUS ATTENDIEZ TOUS ! :-), en deux tours pas plats eux non plus (400m de dénivelée positive cumulée aux dires de certains... en fait j’en sais rien... en tous cas, çà monte et çà descend !).
Les présentations sont faites. Maintenant, le récit...

1ere étape, la natation : 3800 m en près de 1h30
L’ambiance sur l’aire de départ est super. Malgré l’heure, il y a un peu de monde et les 510 partants s’auto-encouragent en sifflant et en tapant dans les mains. Bibi a un peu l’estomac noué mais heureusement le coup de sifflet libérateur ne tarde pas.
Il fait très sombre mais l’obscurité n’est pas totale et on peut suivre assez facilement le canoë de tête (au moins du regard... enfin de l’oeil valide). Il fait assez bon et l’eau est agréable. Les plaies ne me font pas souffrir. J’y suis enfin !
Le premier kilomètre se passe pas mal, dans le paquet, mais, dans la longue ligne droite du retour, je commence à perdre quelques longueurs.
Je reste calme mais, dans le second tour, je continue à me laisser distancer malgré moi. Je suis raide côté gauche et ne pense pas assez à m’appliquer. Je commence à avoir froid (faudra que je me décide à changer cette satanée combinaison).
Au bout de cette première étape, je suis soulagé de sortir de l’eau mais quand même déçu par mon chrono. Je suis pas un nageur mais quand même...

Transition n°1
10 minutes ! J’ai fait une sieste ou quoi ? ? Bref, transition laborieuse, gênée par mes pansements et par le froid (bon d’accord, y fait pas froid mais je tremble quand même) mais pas par les autres concurrents (Ehh ! Attendez moi ! ...).

2eme étape, le vélo : 189 km en 7h37
C’est le plat de résistance du jour. Les premières heures sont vraiment sympas. Je me fais plaisir sans forcer (tu parles !), m’alimente avec application et remonte du monde régulièrement. La météo est clémente et la journée sera belle !
J’atteins Guillestre au bout de 2h15 et l’Izoard au bout de 5h45 après avoir remonté Anne, Gérard, Franck et Seb dans le col que je monte sur le 39*28. Je reste concentré dans la descente (c’est pas trop mon truc) et elle se passe bien.
A partir de Briançon, le vent contraire rend le retour à Embrun très pénible. La côte des Vigneaux est laborieuse et les 50 dernières bornes se font très longues. Il fait maintenant chaud.
Le « mur » de Pallon passe bien, 39*28, assis avec le style (y avait de jolies spectatrices...) mais les portions moins pentues contre le vent sont dures et j’en viens à espérer les côtes plus raides mais plus abritées.
Enfin, la dernière côte, celle de Chalvet avant une dernière descente stressante sur une route défoncée.
Content de poser le vélo sans encombre et pas tout à fait mort. Mais j’ai quasiment rien mangé (seulement une barre énergétique)…

Transition n°2
Petite sieste encore ?... Transition lente car je prends le temps de refaire les pansements. Le soleil cogne fort maintenant et s’agit de pas laisser mes plaies exposées.

3eme étape, le marathon : 42.2 km en 4h28
Après un kilomètre d’euphorie (tu parles !), je suis poignardé par un mal de rate terrible. Je ne peux vraiment rien faire, m’arrête, souffle, essaie de repartir et suis à nouveau cloué sur place. Pendant de longues minutes, je suis ainsi arrêté. J’en pleure intérieurement de rage et de peur d’être stoppé par ce truc imprévisible (Merde quoi ! normalement j’ai JAMAIS mal à la rate !).
Et puis, je me calme et retrottine un peu. Le mal semble passer mais je reste très tendu. Dans la descente après Embrun, j’ai une nouvelle alerte, marche puis repars. Je parviens à me calmer et à penser à autre chose.
Dans le long faux-plat vers Baratier, vers le km 14, au niveau des campings, je retrouve David (l’autre). çà fait du bien de revoir un « pays » ! A ce moment, les sensations sont franchement bonnes et le moral est au beau fixe. Je cours à près de 12 km/h (tsss... profites-en bien car çà va pas durer !)
Fin du premier tour. OK.
Dans le deuxième tour du plan d’eau, alors que je réalise qu’il faudra le boucler une 3e fois, je fais connaissance avec... le mur. Bling. Plus rien. Niet. Kaput. Rideau. On ferme. Terminé.
Je n’ai plus de jambe. Marche à 3km/h. Il reste près de 22 km et le moral est au plus bas. Malgré les encouragements de David, je marche toute la montée vers Embrun.
La fin de l’épreuve ne sera plus qu’un long calvaire. Je ne cours plus, trottine parfois. Tout se passe au mental. Ce n’est pas que je souffre mais je suis mort de chez mort et ne réagis même plus quand on m’encourage. Je n’ai même plus la lucidité de m’arrêter aux ravitaillements (de toutes façons, il n’y a plus que de la flotte dans ces ravitos pourris) et les kilomètres deviennent des années-lumières.
Plus qu’une grande joie, la ligne d’arrivée est un immense soulagement au bout de 13h49 d’effort.

Quelques minutes plus tard, je commence à vomir (complètement déshydraté). Je me sens vraiment faible et m’endors sous perfusion. Un grand merci à David et Alex qui restent avec moi sous la tente médicale.

M’enfin, çà y est : je suis un Embrunman. Allons voir ailleurs maintenant.
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