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CLUB TRIATHLON annecy

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RECIT DE COURSE : SAINTELYON

De la part d'Olivier Martial


Hello à tous !

Petit résumé sportif de la Saintélyon : trail de 69 km entre saint-etienne et lyon, 1300 m positif, départ le 1er décembre à minuit, température entre 0° et 4°c, parcours ( très ) boueux.

Minuit moins cinq...nous y voilà ! environ 4500 sardines serrées au départ...Je me suis bien préparé mais je ne fais pas le fier sous l'arche de départ, ou plutôt j'ai très envie de voir où en sont mes jambes même si je sais que "va y avoir du sport".
Départ cool, pas échauffé donc je me retiens mais à la saintélyon, tout le monde part cool ! Du coup je me retrouve vite devant en compagnie d'un italien et du futur vainqueur ( je crois que c'est Guichard qui a déjà gagné plusieurs fois ici...j'apprendrai bien plus loin que c'est pas lui en fait) qui semble "tendu". Il n'a ni camelback, ni gel énergétique...ça sent les ravitos persos à plein nez ( impression confirmée dès le premier village au 7ème km ). Nous ne sommes pas encore sortis de Saint-Etienne, je lève donc le pied jugeant qu'il vaut mieux rester avec les favoris ( Trottet, Rémond etc...) qui sont 150 m derrière. Les premiers chemins confirment que le parcours est très gras...j'évite la première flaque...flirte avec la 2ème, rippe dans la 3ème et tire tout droit à partir de la suivante selon la technique bien connu du sanglier qui n'a pas peur de salir ses chaussettes.
J'ai les jambes lourdes dans les bosses et me demande si ma sortie longue ( 45 km...6 jours avant ) a été bien assimilée...je règle mon timer sur 15 minutes pour penser à boire.
Km 16 : 1er ravito à St-Christo, je ne m'arrête pas ( j'ai un camelback) et à la sortie du village je me retrouve seul avec 50 m d'avance, 3 hommes sont échappés devant, je me sens bien, et si on y allait ?? A partir de là, je ne vais plus voir beaucoup de monde jusqu'à Lyon.
Du km 16 au km 28 : alternance de chemins, routes, sous-bois, je reprends le 3ème...puis le 2ème...je refais les calculs plusieurs fois et finis par conclure brillamment que je suis le 2ème !
A sainte-Catherine : on m'annonce 4'30'' de retard sur le premier, je me sens très bien et décide de maintenir le rythme puis d'accélérer dans quelques km. ( courageux mais bon...pas trop non plus ! )
Au km 36 ( Saint Genoux ), après une descente en bois très technique, je ne sais plus trop où j'en suis du parcours, un premier bénévole ne sait pas dans quel village on est...( ? ), j'ai plus loin des infos, je "serais" à 4'15" du premier, je lui ai repris 15 secondes sans changer de rythme, il reste 25 km, je ne vois pas de frontale derrière moi, j'y crois et je me dis qu'il ne faut pas avoir de regrets...c'est parti mon kiki !
3 km plus loin : je quitte la route pour emprunter un chemin sur la droite...il y a des rubalises aux arbres à la place des flèches réfléchissantes du début ( tiens, bizarre...ils ont changé la signalisation...), ça descend raide, premier carrefour en forêt, je prends tout droit au plus évident...un peu plus loin, re-carrefour, cul-de-sac, cour de ferme et chiens qui aboient...y'a comme qui dirait une erreur de parcours...je fais demi-tour, je ne retrouve plus le chemin par lequel je suis descendu et je remonte en marchant en commençant à me demander comment je vais sortir de ce trou : 3h00' du mat' dans une forêt que je ne connais pas...même pas un GPS ni une étoile polaire à se mettre sous la dent. J'ai le moral dans les chaussettes et me traite de tous les noms ( à voix haute, au cas où on m'entende depuis la route...). Je retrouve la route juste avant un marquage au sol où j'avais pris un chrono....je regarde ma montre : j'ai paumé 14 minutes ! 1 km plus loin, une spectatrice ( si, si y'a des spectateurs ) m'annonce que je suis 14ème. Je suis dégoûté, l'envie d'abandonner me traverse l'esprit...et elle est suivie de près par l'idée que je suis plus près de l'arrivée que du départ et que la température ( proche de 0°C je pense ) ne donne pas vraiment envie d'attendre la voiture-balai. Du coup je cours...j'accélère...mes jambes semblent aller mieux que ma tête et je reprends 3 places en 2km...j'ai plus rien à perdre après tout, je reprends des coureurs régulièrement...en leur demandant leur place à chaque fois...même si je fais le décompte, ça me remonte le moral. Le croissant de lune et la vue sur la vallée sont magnifiques.
Au km 53 à Chaponost : comme à chaque village je demande où on est, j'essaie de visualiser le parcours mais je ne vois pas à quel kilométrage on est...je suis revenu en 3ème position, en compagnie d'un coureur, on nous annonce le 2ème juste devant ! ( c'est marrant comme un "juste devant" pour un spectateur peut devenir un "loin devant" pour un coureur... ).
- Le gars avec qui je suis : " c'est qui en tête ? "
- moi : "c'est Guichard"
- lui : "c'est moi, Guichard"
- moi : "alors c'est un autre..."
A partir de là, les choses vont se corser pour moi....ma remontée folle, m'a coûté de l'énergie...et d'un coup d'un seul, ça va me lâcher sévère...j'ai mal partout, aux jambes, au ventre, aux poumons, j'essaie d'avaler un gel qui ne passe pas...je finis ma boisson énergétique et je me raisonne en me disant que "ça va passer", je me dis que j'avais connu un coup de moins bien similaire à Embrun sur le marathon et j'avais beaucoup mangé et bu en attendant que ça passe....sauf que là, le prochain ravito est je ne sais où et que de toute façon je ne peux plus rien avaler...j'essaie de courir "placé" à un bon 9-10km/h je pense...et encore sur le plat parce qu'en descente j'ai trop mal aux pattes pour aller à de telles vitesses...un missile j'vous dit !
A sainte foix les lyon : Je suis toujours dans le même état ( au moins ça ne s'aggrave pas ! ), mon seul but est d'arriver pour avoir moins mal, un coureur sympa me double au pied d'une longue montée, il m'encourage et me conseille de "ne pas faire la bosse en courant car c'est long".....t'inquiète mobylette, j'avais pas l'intention de grimper en foulées bondissantes là ! La descente qui suit fait bien mal aux quadris...j'encourage les coureurs qui me doublent...un paquet en tout...je me dis que je suis au moins 15ème maintenant ( en fait il y a des relais dans le lot ).
A 7 km de l'arrivée : toute la fin de course se fait dans Lyon, quais de Saône, du Rhône, traversée de la place Bellecour, c'est la partie la moins sympa de la course....in-ter-mi-nable, les lumières et le brouillard me gènent et j'ai éteint la frontale ( histoire aussi de ne pas effrayer les nombreux noctambules qui auront visiblement aussi mal aux cheveux demain que moi aux jambes cette nuit...). Je continue de perdre des places...on court sur les pavés le long des quais...et Vlan ! Tiens je suis à plat ventre...j'ai shooté dans un anneau d'amarrage de péniche...même pas mal ! ( faut dire que c'est une figure que j'avais déjà bien travaillé à l'entrainement...). Je maintiens mon rythme de croisière...je perds 2 places dans les 2 derniers km...j'essaie de réagir mais impossible de changer d'allure. Après coup je pense que j'étais un peu juste en alimentation ( j'ai consommé 4 gels et 1 litre de boisson énergétique en tout ).
L'arrivée se fait sur le campus de La Doua à villeurbanne. Je suis 10ème en un peu moins de 5h33'. Je suis plutôt déçu mais je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Je me rends compte qu'en fait il y a 3 coureurs devant moi en 3 ou 4 minutes mais avec le brouillard je ne les ai jamais vus. ( d'un autre côté je n'aurais fait que les voir alors...).

Avec le recul, c'est une belle course, ça vaut le coup de s'entrainer encore plus de nuit à la frontale ( et même de s'entrainer plus "tout court" ) et ça motive encore plus pour faire l'UTMB même si c'est surement une autre paires de manches... Si certains d'entre vous ont envie d'aller à la Saintélyon surtout ne vous géner pas pour ne pas me demander de conseils d'orientation ! :)

www.saintelyon.com
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